Trahir avec Classe. L’exemple de la CFDT (et ses amis)

Historiquement, les syndicats c’est des travailleurs-euses d’un même secteur (soit d’une même industrie, soit d’une même entreprise, ou simplement d’une même Classe, au chômage, en précarité, en retraite) qui se regroupent pour se défendre face au patronat (et/ou l’Etat). Parfois en portant un projet de société révolutionnaire ou au moins alternatif. En gros.

Historiquement, l’Internationalisme c’est des travailleurs-euses qui, parce que leurs intérêts sont ceux de leur Classe et non ceux de leur pays, manifestent et construisent une solidarité avec les luttes des travailleurs-euses d’autres pays plutôt que de répondre à l’appel de leurs exploiteurs à oublier leur Classe et se sentir un destin de « nation » à leurs côtés. En gros.

Historiquement les syndicats développent la solidarité internationale (avec plus ou moins de succès). Mais il y a des organisations qui aiment dévoyer les notions de « syndicalisme » et de « solidarité » et font exactement l’inverse. On les appelle les syndicats jaunes. En gros.

Ca ressemble à quoi sur le terrain ?

Par exemple, une entreprise française, la société Latelec, filiale de Latécoère, sous-traitante d’Airbus et Dasssault a une usine en Tunisie. 230 ouvrier-ères travaillent à l’usine Latelec de Fouchana, 90% sont des femmes. Elles réclament des salaires dignes, le paiement des heures supplémentaires, des congés qui leur sont refusés, et la fin des insultes et du harcèlement sexuel qu’elles subissent de la part des cadres locaux et dirigeants français.

Elles créent une section syndicale, mènent des luttes, se prennent une énorme répression (menaces de morts, passages à tabac dans l’usine) conduisant deux déléguées syndicales licenciées à entamer une grève de la faim.

Certaines organisations syndicales hexagonales organisent la solidarité : diffusion d’information, réalisation d’entretien avec les camarades, appel à manifester en France en solidarité, ce qui, combiné à la lutte en Tunisie débouche sur une petite victoire des travailleuses de Fouchana.

Mais d’autres « syndicats » font ce qu’ils savent faire le mieux : tenir un discours dégueulasse et mensonger pour diviser les travailleurs-euses sur des bases nationalistes. Trahir les intérêts des travailleurs-euses, en soutenant les intérêts néo-colonialistes des patrons français. La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC salissent une fois de plus ce qu’ils ne devraient plus avoir le droit d’appeler du syndicalisme.

Voilà ce qui était distribué il y a peu sur le site Latelec de Toulouse :

  latelec trahison CFDT CFTC CFE CGC syndicats jaunes

À propos de brasiers et cerisiers

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Une réponse à Trahir avec Classe. L’exemple de la CFDT (et ses amis)

  1. merci pour cet article.
    le rôle de la CFDT comme chien de Valls face à la grève des cheminots était également éloquent…

    ne pas oublier les syndicats jaunes type UNEF qui maintient son monopole sur le syndicalisme étudiant par des sandwich pas chers et une aide juridique au « cas par cas ». par contre, refus total de s’aligner avec des syndicats radicaux qui optent par exemple pour la régularisation sans condition de tou-te-s les étudiant-e-s sans pap’.

    ce sont aussi les derniers à rejoindre les mouvements étudiants (sachant que leur direction PS est pro-privatisation des facs) et la première à rentrer dans des négociations et accepter toute infime proposition envers et contre toute concertation préalable des mouvements étudiants. ou comment briser des mouvements sociaux en moins de deux mais survivre avec des sandwichs et l’ignorance des nouvelles générations qui entrent en fac

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