A Saint-Aubin (comme ailleurs) la police de Valls protège les fascistes.

Le 26 octobre dernier, Marine Le Pen et son parti tenaient un meeting à Saint-Aubin du Cormier (Ille-et-Vilaine), commune riche de 3 578 habitants dont une maire, Marie-Thérèse Auneau « sans étiquette mais de sensibilité de Gauche » ¹ , qui a jugé bon de mettre à disposition le centre culturel (géré et financé par la municipalité donc), à la disposition d’une organisation d’extrême droite.

Ce n’est pas un hasard que les fascistes viennent pointer leur nez là où les emplois sont supprimés en masse, là où les luttes reculent toujours trop et toujours trop vite. En Bretagne, où, pourtant, ils n’ont jamais réussit jusque là à s’implanter avec leurs discours haineux et mensongers, toujours disposés à monter les travailleurs-euses les un-es contre les autres au bénéfice des patrons.

A l’appel d’un collectif d’habitants révoltés par cet événement, repris par de nombreuses organisations politiques, syndicales et collectifs antifascistes (Rennes et Nantes), un rassemblement a donc eu lieu au même moment devant la Mairie.

Accueillir un tel événement dans notre ville, dans le pays de Fougères, dans notre région ! Entendre résonner les valeurs du front national ici ! NOUS NE LE SOUHAITONS PAS !Au racisme, à la xénophobie, à l’homophobie, au fascisme NOUS NOUS OPPOSONS !

Ne laissons pas notre ville et nos campagnes être assimilées à ce parti !

D’abord ça commence par plusieurs prises de paroles d’organisations, rappelant entre autre, que contre les ouvriers en lutte (qui bloquaient une raffinerie en 2010 par exemple), le Front National propose d’envoyer l’armée. Voilà comment ce parti propose de lutter « contre le système ». Prises de paroles aussi pour réaffirmer que les idées fascistes n’avaient pas leur place, ni ici, ni ailleurs et représentaient un danger pour les classes populaires.

Ensuite, en dépit d’une interdiction préfectorale de manifester dans les rues (à laquelle certains des plus « citoyennistes » des organisateurs auraient voulu se soumettre), ce sont finallement les 300 manifestants qui partent en cortège à travers Saint-Aubin. Et en bords de prés, autours de l’étang, en tentant d’approcher le centre culturel, stoppé à chaque fois par des CRS bien équipés. Un peu trop peut être (comme d’hab’ quoi). CRS FN ST AUBIN2

A un rond-point, l’un d’eux était à quelques mètres et nous visait la tête. Le temps que je prenne la photo (ci-dessus), il avait un peu baissé son arme, mais Rennes-TV (Web-TV indépendante) a saisi les images (ci-dessous) et  s’est permis de rappeler les principes suivants :

CRS ST AUBIN RENNES TVÀ propos de cette image : La distance entre la foule (l’objectif de la caméra) et le flashball est de 4m.
• À cette distance, cette arme est létale.
• À cette distance, il n’est pas réglementaire de s’en servir.
• Sous cet angle, c’est la tête qui est visée.
• La manif était calme : visages découverts, pas de projectiles, pas d’affrontements.
• Entre le lycéen nantais et l’agriculteur finistérien, si cette image pouvait servir au débat sur l’utilisation du flashball, on s’en porterai mieux.

Donc voilà, le fameux parti « antisystème », protégé par des CRS fou-furieux, assez dégoutés de ne pas avoir pu charger d’ailleurs. Aux slogans antifascistes « Le Fascisme c’est la gangrène on l’élimine ou on en crève », « Pas de quartiers pour les fascistes, pas de fascites dans nos quartiers » se sont ajoutés des slogans visant plus directement les flics « Police partout justice nulle part » et surtout « La Police du PS, protège les fascistes ». Et du coup les slogans anarchistes comme « Je hais la France, ses flics et ses fachos » (qui va bien à l’extrême gauche indépendantiste bretonne aussi), ont été scandés également.

J’ai discuté avec quelques lycéen-es et jeunes salarié-es de St Aubin et des environs (le pays de Fougères quoi) présent-es dans le cortège, cette « jeunesse rurale désoeuvrée et oubliée » dont les médias nous disent qu’ils n’ont pas grand choix à part le chômage et la précarité dans les usines d’agro-alimentaire (qui ferment) et qui seraient des « populations de choix » pour le FN nouvelle génération. Force est de constater que non, à Saint-Aubin et ailleurs, le discours frontiste ne contamine pas encore tout le monde et la jeunesse se mobilise quand les fachos débarquent.

Si la manif n’a jamais pu atteindre le meeting, quelques militants frontistes à la sortie ont approché en voiture, brandissant à travers les vitres leurs tracts et faisant des doigts d’honneurs ornés de belles chevalières (en bons bourgeois). Un 4*4 de facho un peu chahuté portera quelques souvenirs de cette pitoyable tentative de provoc.

-Un compte-rendu de cette journée de l’Action Antifasciste Nantes sur le portail la Horde

-Un article du Collectif Antifasciste Rennais

-Le reportage complet de RennesTV avec les belles scènes de policiers tellement citoyens dans la verte nature bretonne qu’on se croirait presque à Notre-Dame-De-Landes :

Marine Le Pen en Ille-et-Vilaine : 300 manifestants antifascistes pour l’accueillir

Bref, si on en doutait encore, on ne pourra pas compter sur la « gauche PS » pour lutter contre le fascisme puisque :

1) Elle mène une politique antisociale qui fait son lit.

2) Elle lui fournit des salles publiques pour se développer.

3) Sa Police empêche avec ardeur toute contre-manifestation de s’y confronter.

Plus que j’amais, l’antifascisme populaire, de terrain, collectif, est une nécessité.

Enep faskourien !

L.T & AMD

¹ = Ouest France, 25 octobre 2013.

À propos de brasiers et cerisiers

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