Obsolescence programmée chez SEB pour un cuit-vapeur ?

Ca fait 3 ans que j’utilise un cuit-vapeur de la marque SEB « Vita-Saveur » VC 100/200. C’est assez pratique pour préparer pas mal de choses. Il y a quelques semaines, pfioutt, le machin se met à ne plus marcher, alors que bon, entretien classique, pas de sur-chauffe, pas de chute ni rien. Pas vraiment le profil d’un ingénieur, je me lance quand même dans le démontage de la machine pour voir si c’est pas un truc tout bête qui cloche.

Bingo.

cuit vapeur démontéUne LED (Diode Electro-Luminescente pour celleux qui ont séché la techno en 4ème) montée en série avec une resistance a visiblement cramé. Et (comme le disait le prof de techno en 4ème), une diode à la capacité de couper un circuit lorsqu’elle est montée en série.

LED cuit vapeur

Simplement en essayant de faire passer le courant d’une pile vers une ampoule via cette diode, on constate que oui, elle a bien lâché. Alors on laissera chacun-e spéculer sur « est-ce que cette LED était destinée à lâcher au bout de 3 ans pour nous faire racheter au plus vite un appareil » (ce qui constitue de l’obsolescence programmée), moi j’ai mon idée là desssus. Juste que le reste de l’appareil est en parfait état de marche. Passage dans un magasin de composants électronique, mon diagnostic sommaire est aussitôt confirmé par le vendeur qui me dégotte la même LED (déjà montée avec la petite resistance et dans un joli capuchon orange pour 1euro.

LED remplacement

Je me fais prêter un fer à souder d’électronique (mais je pense investir là dedans, 15 euros pour les premiers prix) et un peu de fil d’étain. Je fais appel une ultime fois à mes souvenirs de 4ème et remonte rapidement la petite LED, qui se cale parfaitement dans le petit compartiment prévu à cet effet.

cuit vapeur réparé

Magie, ça remarche !

cuit vapeur marche à nouveau

Comme quoi il ne faut pas se laisser impressioner, beaucoup de choses sont réparables et bricolables. Moins coûteux, plus écologique.

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« Apocalypse Naoned » : le « saccage » de l’information


« Apocalypse Naoned » : le « saccage » de l… par apocalypsenaoned

Une petite vidéo satirique qui revient sur l’unique « saccage » lors de la manifestation contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes le samedi 22 février 2014 à Nantes : le saccage de l’information par la presse locale.

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Surveille ton langage !

Si vous avez été envoyé vers cet article par un lien posté suite à vos propos, prenez le temps de le lire, au calme, sans a priori. Vous verrez qu’au final, il n’ y a rien de dramatique.

Une société de dominations

Nous vivons dans une société (ou un agglomérat de sociétés connectées) qui baigne dans les oppressions diverses et variées : racisme, sexisme, homophobie, biphobie, lesbophobie, transphobie, classisme, validisme… Depuis notre naissance, selon notre milieu et notre parcours, de nombreux facteurs influencent notre façon de penser, parler, agir : éducation familiale et scolaire, culture (livres, cinéma, chansons, télé-poubelle ou télé-qualité, patrimoine…), publicités, rencontres, administrations publiques et privées, compositions et ambiances de nos lieux de travail et de loisirs, hasards de la vie. Hors tous ces facteurs sont eux-mêmes inscrits dans le contexte des dominations évoquées plus haut. La publicité (pour prendre un exemple classique) est pleine de clichés sexistes et souvent aussi racistes, hétéro-centrés et classistes. De même la façon dont les administrations fonctionnent (façon dont les formulaires sont rédigés par exemple) sont à l’image de ces dominations. D’une façon générale, le langage courant, et encore plus le langage familier regorgent d’expressions sexistes, racistes, homophobes, etc… Les « Fils de Pute », « Enculé », « grognasse », « vierge effarouchée », « couilles-molles/sans-couilles/petites bites », « petites pisseuses », « salope », fleurissent quotidiennement autours de nous, dans des contextes très différent (véritable insulte, « plaisanteries de comptoirs », intervention ennervée du patron sur nos lieux de travails et parfois « slogans politiques »). Certaines de ces expressions sont largement ancrées dans le langage courant, et ne font presque pas (ou trop peu) tiquer quand elles déboulent : « Il est devenu la vraie tête de Turc de ses camarades » (rappelons nous juste l’origine de cette expression qui sent bon la France des colonies). Ce langage, ces propos, ces images, on les a tous-tes intégré à différents niveaux. C’est comme ça. Maintenant voyons ce qu’on en fait.

Renforcement des oppressions.

L’usage de ces termes dans la vie courante renforce ces systèmes de dominations. A chaque fois qu’ils sont utilisés, c’est comme si on ajoutait une brique supplémentaire au mur de l’oppression. L’usage de ces termes dans un cadre militant/politique au sens large (au cours d’une rencontre politique, dans un tract, dans un slogan de manif, dans un commentaire sur un forum/blog politique, depuis un compte twitter etiqueté politiquement) multiplie le nombre de briques par 10. Parce que nos espaces et constructions politiques sont le reflet de ce que l’ont projette comme débouchés à nos luttes pour ne pas dire « notre projet de société ». On doit y être exemplaire. Et du coup si on se présente comme combattant les oppressions (antifasciste, antiraciste, antisexiste, antihomophobe, ….) on ne peut pas le faire en utilisant des armes de l’oppresseur.

Pour résumer :

combattre sans les armes de l adversaireEvident ?

Pas tant que ça. Posez vous la question du discours, des insultes, de « l’humour » employés par des gens « de gauche » contre des adversaires politiques femmes (Nadine Morano, Roselyne Bachelot, Marion Maréchal et Marine Le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet, Cécile Duflot) et faites la comparaison avec leurs équivalents masculins (Guillaume Pelletier, Bruno Le Maire, Bruno Gollnisch et Louis Aliot, Xavier Bertrand, Pascal Canfin). Qui se fait attaquer sur son physique, sa couleur de cheveux (« Blondasse »), son âge ? Pourquoi parle-t-on de la « poissonière » Morano (combo sexisme/mépris de classe) et jamais du « poissonier » Pelletier ? Quand une femme politique de droite et non-blanche (Rachida Dati, Rama Yade) pourquoi en plus de qualificatifs sexistes , elle en récolte des racistes ? Et venant de la « gauche », ça donner soit dans le fantasme de l’exotisme soit dans l’étonnement colonialiste « mais comment une noire ou une arabe peut-elle être de droite après tout ce qu’on a fait pour l’anti-racisme ? » [Euh…recommence mec, relis BIEN ce que tu viens d’écrire].  Et surtout pourquoi les gens « de gauche » clamant avoir plein d’idées, n’attaquent pas sur le fond (et sur Morano, Marine Le Pen, Rama Yade etc… Il y a un paquet de choses à dire !) ?

Au delà des simples injures et moqueries de personnalités politiques, c’est parfois (souvent) le fond du discours qui sous couvert de combattre une domination en développe une autre. Un antifascisme teinté de virilisme va développer du sexisme, un féminisme « radical » blanc du racisme, ou de la transphobie, etc… Alors que les luttes contre les différentes oppressions ne doivent pas s’opposer mais s’écouter, se répondre et surtout se faire de la place. Les luttes ont besoin d’intersectionnalité (et pour aller plus loin là dessus, allez lire MsDreydful, NegreInverti, Po Lomami). Parce que ces oppressions fonctionnent souvent sur les mêmes modèles et peuvent se combattre avec des outils similaires. Mais que tout ne va pas de soi parce que nous sommes acteur-trices de ces systèmes d’oppressions et qu’il faut en avoir conscience quand on prétend lutter « contre toutes les discriminations et les inégalités ». Rien ne se fera par magie.

« Donneurs-euses de leçon », « police de la pensée », « gardien-nes du politiquement correct » .

Souvent, quand on approche quelqu’un qui vient de donner dans le sexisme/racisme/homophobie…en mode « chaton, je suis d’accord avec ton besoin d’attaquer telle personne, tel discours, mais là ta phrase elle est raciste/sexiste/homophobe », il y a des réactions très vives. D’abord parce que la personne, surtout si elle se considère comme sincèrement de gauche, progressiste, antiraciste, feministe etc. va prendre cette remarque comme une insulte. Remarquez, c’est plutôt bon signe que quelqu’un considère que « être raciste/sexiste/homophobe »= mal (d’autres en tirent une fierté). Maintenant il faut faire le reste du chemin.

Donc il y a ce réflexe d’à la fois nier le caractère oppressif de son propos et de sortir cette merveilleuse phrase devenue cultissime , cette quasi-devise du début du 21ème siècle :

luke pleureQuand on refuse des propos, des blagues, des discours oppressifs, on se voit accuser de chasser la moindre petite phrase et d’empêcher de parler comme chacun-e le voudrait. L’objection porte ensuite souvent sur tel ou telle qui « aurait le droit » : « Oui mais Brassens il avait des paroles mysogines » « oui mais tel groupe de rap ils parlent de « fils de putes » « mais tu ne vas pas quand même nous empêcher de chanter des chansons paillardes ? ». NON. Non on ne va pas brûler les oeuvres des artistes et auteur-es parce qu’elles comportent du racisme ou du sexisme. On ne va pas interdire les films, les séries et les chansons. On ne va pas s’interdire de les apprécier malgré tout. On ne va rien interdire du tout. Par contre on va s’autoriser à réfléchir. A réfléchir à ce que l’ON dit chaque jour, ce que l’ON répète, ce que l’ON véhicule. Ce que l’on construit.

Une autre objection consiste à décréter que le sexisme, le racisme, l’homophobie étant présents dans le langage « populaire », il serait élitiste, infantilisant et contre-productif de faire trop attention à sa façon de parler, parce que ça risquerait « de ne pas faire peuple ». C’est vraiment avoir une piètre et fausse opinion des classes populaires (c’est être bien deconnecté). Penser que se préoccuper des oppressions véhiculées par les mots c’est « du militantisme de salon », c’est vraiment de la paresse politique, c’est ne pas vouloir questionner son propre rapport à l’oppression, c’est se croire inoffensif. C’est aussi confondre un discours « lissé » et un discours respectueux. On peut être radical et subversif sans insulter un groupe donné.

Un bel exemple de sexisme d un militant

Ce n’est pas un drame.

Entendons nous bien, avoir un propos oppressif par habitude de langage, par « maladresse » dans son « humour », par ignorance de la portée oppressive du truc (ce n’est pas forcément évident), ça n’est pas dramatique. A ce stade là, ça peut rester « une boulette ». Ou une simple démonstration que l’on participe à un système de domination. Par contre, ce qui rend le truc vraiment dégueulasse, c’est lorsque, une fois, interpellé-e sur la question, on nie le truc, on refuse de le reconnaitre. Car on nie sa position d’oppresseur et surtout on nie le fait que les personnes victimes soient blessées/insultées/fatiguées… par ces propos. Ce qui aggrave encore plus le cas, c’est lorsque l’on recommence consciemment ensuite, malgré les remarques ou recommandations.

Personne n’est né-e avec un kit de détection d’oppression dans le cerveau. Personne n’a de façon innée un langage et un discours dénué de toute oppression. Nous mêmes, qui rédigeons ces lignes, nous avons tenu (et nous continuerons sûrement malheureusement à tenir parfois) des propos oppressifs. Le tout est d’être attentif aux personnes qui nous le signalent. De présenter des excuses si nécessaires, de travailler dessus (même si ça n’a rien de facile), de ranger son égo de côté. De signaler à notre tour aux autres ce qui ne va pas (y compris quand ce sont des ami-es et camarades). De réfléchir à ce que l’on transmet, ce qu’on renvoie. Tenir un propos raciste ou sexiste ne vous condamne pas à être un-e raciste ou un sexiste à vie. C’est à vous de voir ce que vous faites maintenant.

mulan up to you guys

 

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La classe ouvrière, elle, ne peut respecter la légalité bourgeoise qu’à la condition d’ignorer le rôle véritable de l’État, le caractère trompeur de la démocratie ; bref, les premiers principes de la lutte des classes.

Citation V Serge Repression

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Critiquer la religion, en rire, en pleurer, en parler ?

Quel rapport avoir, quand on est anarchiste ou même plus généralement une-e militant-e anticapitaliste athée, aux croyants et la croyance dans un contexte où la lutte contre l’obscurantisme et la critique des religions est instrumentalisée ? Par exemple, la laïcité est régulièrement brandie pour défendre des propos, lois ou comportements islamophobes. Les réactionnaires, l’extrême-droite, s’inventent une « laïcité » (et/ou une « défense des droits des femmes » ou encore de « défense animale ») qui revient pour eux à dire « pas d’élément pour nous rappeler que l’islam est présent sur le territoire français » : Pas de voile dans les écoles (y compris pour les mères d’élèves en sortie scolaire), pas de mosquée dans telle ville, pas de viande hallal dans tel supermarché ou fast-food. C’est la négation et l’invisibilisation de l’existence de français-es et résident-es étranger-es de confession ou de culture musulmane, et une façon de leur dire « vous n’êtes pas chez vous ici ». Et au final, ça n’est pas tant une question religieuse puisque les mêmes discours se prononcent également dans un méli-mélo (loin de la laïcité) : contre les « youyous dans les mairies » et les drapeaux étrangers lors de mariages, dans les manifestations, lors de victoires électorales ou encore contre l’apprentissage à des élèves d’une comptine en arabe issue du Film Azur et Asmar. C’est du racisme. C’est du rejet. C’est la perpétuation du rapport colonial de domination du blanc européen. Ca n’a rien à voir avec la lutte contre l’obscurantisme et les dominations issues de telle ou telle croyance. C’est aussi résumer les musulman-es uniquement à leur religion, comme si leurs rapport au monde et aux autres ne dépendaient que de ça.

Donc voilà, sur cette question, on ne PEUT PAS faire l’impasse sur le CONTEXTE. On ne peut pas faire comme si les différentes religions occupaient toutes la même place dans un pays donné à une période donnée. Corollaire : même lorsqu’on est un-e militant-e « sans dieux ni maîtres », et que l’on souhaite se positionner « contre toutes les religions » (ce qui n’a rien d’obligatoire), il ne vaudrait peut être mieux pas critiquer/combattre de la même façon telle ou telle religion, puisque, justement, ça ne signifie pas la même chose, ou en tout cas, ça n’a pas la même réception ni les mêmes conséquences. En ce sens je me retrouve plutôt globalement dans le texte Libertaires et sans-concessions contre l’islamophobie !.

Un autre aspect de cette question, c’est la distinction entre la lutte/la critique contre la religion (ou les croyances) et la lutte contre les croyants. Si l’on peut penser en tant que matérialiste que lutter contre l’irrationnel peut être un outil émancipateur, il est clair que lutter (ou viser) les croyants ne l’est pas. Pourtant, par maladresse et ignorance, certaines attaques souhaitant viser la religion peuvent être vécues comme une attaque contre les personnes. Parce qu’en se moquant d’une croyance ou d’une pratique, en affirmant qu’elle est absurde, ça peut facilement se lire comme « nous les athées nous possédons la vérité, vous êtes dans l’erreur », et du coup c’est plus un affichage de supériorité qu’une réelle lutte contre quoi que ce soit. On peut vite tomber dans une ambiance de cours de récré. Dans l’exclusion, voire l’humiliation aussi. Dans l’inutile, l’inefficace, le médiocre. Dans le Charlie-Siné-Hebdo.

Et du coup sur le terrain militant on risque de se retrouver dans ce que l’appel des libertaires contre l’islamophobie  décrit comme « une sorte d’injonction à l’athéisme, condition sine qua non pour prendre part à la guerre sociale et militer dans une organisation libertaire« . J’ai vu des grèves combatives menées par des croyant-es de manière impeccable. J’ai vu des trahisons et des enterrements de mouvements menés par des apôtres de la philosophie matérialiste. L’athéisme n’est absolument pas une condition nécessaire et encore moins suffisante pour faire un-e bon-ne militant-e, quelque soit la lutte. Les croyant-es sont les bienvenu-es dans nos luttes, dans nos actions, dans nos espaces et doivent le sentir.

Une solution pour certain-es est de ne pas s’attaquer à la religion mais simplement au clergé organisé, puisque après tout, ce sont surtout les institutions religieuses qui seraient des lieux de pouvoirs à l’origine d’oppressions. Ça a le mérite de poser des limites assez claires. Mais est-ce qu’il faut s’y limiter ? Des pratiques religieuses et des croyances à très petites échelles (églises protestantes indépendantes ou pratique familiale) peuvent être tout autant source d’obscurantisme et d’oppressions (il n’y a qu’à regarder Jesus Camp pour avoir un aperçu). Le slogan c’est « ni Dieux ni Maîtres », pas « ni prêtres ni maîtres ». La lutte contre la religion s’inscrit dans un combat plus large contre les superstitions, les manipulations mentales, les impostures (et la première parmi toutes : l’existence d’une force supérieure qui nous dépossède de notre existence). Quand on sait que les religions et les croyances façonnent la société, la culture, sans vouloir absolument les détruire violemment et immédiatement, on peut souhaiter les mettre en question, les écarter du pouvoir, diminuer leurs influences sociales quand on considère celles-ci comme mauvaises. Mais pas autoritairement.

le roi Alphonse XIII signant la sentence de mort de Francisco Ferrer, avec la bénédiction de la réaction cléricale  Source : cartoliste.ficedl.info

le roi Alphonse XIII signant la sentence de mort de Francisco Ferrer, avec la bénédiction de la réaction cléricale
Source : cartoliste.ficedl.info

La liberté individuelle qui prime sur tout ? Ma vie privée est politique.

Effectivement on peut dire que la religion/la croyance en tant que pratique relève de la liberté individuelle, de la vie privée, qu’elle ne regarde que nous. Évidemment, les mouvements anarchistes n’ont pas vocations à vérifier et réglementer dans chaque foyer ce que chacun dit, lit, pense, mange. Et en même temps, la vie privée est politique, on le répète souvent. Faut-il faire une exception pour les croyances ? Si l’on décide que la croyance personnelle ne regarde que les croyants, que fait-on des sectes, des manipulations mentales ? Est-ce qu’on considère que les enfants doivent recevoir via leur éducation nécessairement la religion (ou l’athéisme!) de leurs parents ? Est-ce à « l’extérieur » d’intervenir, comment et pourquoi ?

Carte Postale des éditions de "L’Idée Libre" de Lorulot.  Source : cartoliste.ficedl.info

Carte Postale des éditions de « L’Idée Libre » de Lorulot.
Source : cartoliste.ficedl.info

Les religions, entités ennemies pour les anarchistes au même titre que l’État et le Capitalisme ?

Les religions sont-elles un ennemi identique au patronat et l’armée ? Toutes dans la même mesure ? Doit-on combattre les religions de la même façon ? Vu les arguments et questions développés précédemment, j’aurais tendance à dire que non, ce n’est pas tout à fait pareil. Voire pas du tout. La First of May Anarchist Alliance écrivait en 2011 (dans un texte particulièrement intéressant que je vous invite à lire) que pour eux, l’athéisme militant est « une réminiscence non-anarchiste mais compréhensible du passé [La Russie, l’Italie et l’Espagne sont au centre de la plus grande partie de l’histoire de l’anarchisme. Ce sont des sociétés dominées par des Églises d’État uniques liées à des classes de propriétaires terriens particulièrement réactionnaires. Ce n’est donc pas une surprise si la plus grande partie de l’opposition à ces régimes obscurantistes était activement anticléricale.] » Et avec un angle plus stratégique, ajoute à propos de l’anticléricalisme : « En outre, nous croyons qu’il s’agit d’un obstacle au développement de la présence de notre mouvement dans de nombreux secteurs de la classe ouvrière et des opprimés« . Sans partager intégralement l’analyse et la conclusion, je dirais qu’il faudrait vraiment revoir le rapport (d’un certain nombre) des mouvements anarchistes aux religions (sans devenir croyant ou indifférents à la question).

Dérision, irrévérence, caricature : on en fait quoi ?

La lutte contre l’obscurantisme a historiquement eu régulièrement usage de la dérision, de l’humour moqueur, pour déconstruire les religions (je ne parle pas de Charlie Hebdo hein!). Théâtre, chansons populaires, graffitis, affiches et plus tard autocollants remplis de dessins, jeux de mots et contre-pétries en témoignent. Et ça n’a pas toujours été très intelligent. Ce qui ne pose pas de problème quand la religion est au pouvoir/dominante, beaucoup plus si elle est une pratique qui se recoupe spécifiquement avec des groupes oppressés par ailleurs (populations immigrées, colonisées, etc…). Mais si les religions restent bien des adversaires (sans forcément les mettre à l’égal du patronat et de l’armée), on devrait pouvoir se permettre de s’en moquer (parce qu’on ne se demande pas « Oula, peut être que je marginalise mon patron en le traitant de raclure de bidet »). Et puis quand face à la Manif Pour Tous, le cortège se met à gueuler « les apôtres étaient douzes légalisons la partouze » ou « 2 planches, 3 clous, Jésus l’a fait, pourquoi pas vous ? », la question de « est-ce que c’est respectueux/est-ce que je marginalise les homophobes en sweats roses en visant directement leur croyance ? » ne se pose pas car les positions (dans le contexte français) sont bien identifiées : l’Eglise catholique se posait en dominant et en oppresseur en participant massivement (et financièrement) au violent discours homophobe ambiant. Ses membres se recoupent de façon conséquente avec la bourgeoisie blanche conservatrice. Ils ne subissent pas de discriminations institutionnelles, des agressions répétées et des couvertures stigmatisantes du Point  ou de l’Express les accusant de piller les CAFs. Ils sont nos ennemis. Et ceux qui parlent de « cathophobie » en voulant établir un équivalent à l’islamophobie sont des manipulateurs.

Action des Pussy Riots

Action des Pussy Riots

Donc si une religion n’est pas (dans un contexte donné) celle des dominants on n’en parle pas ?

Si, on peut. En tant qu’anarchiste et athée, je considère qu’avancer un discours et une analyse matérialiste peut être utile dans les luttes que je mène. Y compris avec des croyant-es, y compris si leur croyance est un prétexte à des attaques racistes par ailleurs. Mais du coup il y a peut être plusieurs conditions, je retiendrais pour l’essentiel : (I) être respectueux et attentif à la façon dont le discours peut être perçu par les croyant-es concerné-es (surtout si l’attaque de leur religion est par ailleurs un prétexte pour discriminer, exclure, dominer). (II) Se prononcer clairement en solidarité avec les croyant-es victimes de discriminations ou de violences à cause de leur religion. (III) N’engager ce discours que si les croyant-es concernées montrent une envie d’échanger à ce sujet (= ne pas arriver avec sa vérité comme un témoin de Jéhovah) ou si la situation l’exige (expliquer pourquoi telle ou telle chose nous pose problème), enfin bref ne pas débarquer avec un esprit professoral, qui peut vite devenir une attitude de colon. La forme de mon militantisme athée prendrait alors une forme philosophique, ce qui implique de prendre son temps et de savoir de quoi je parle.

D’une façon générale

On devrait réviser nos outils de lutte contre l’obscurantisme et les remettre en question constamment. Et surtout questionner le contexte, le contexte et encore le contexte : est-ce le bon lieu, le bon moment et la bonne manière pour attaquer la/les religion-s ? Quels objectifs pour quels résultats ? L’objectif c’est de combattre les dominations et participer à la construction d’une société libre, égalitaire et émancipée. Pas de se faire plaisir. Pas d’exclure. Pas d’imposer. Les religions, la croyance, constituent à ce titre un adversaire bien particulier (si, encore une fois on le considère comme un adversaire, ce qui ne fait pas/plus l’unanimité chez les anarchistes). Donc l’usage de l’humour, de l’irrévérence, de la critique bourrine, on l’utilise après analyse, avec précaution et un soucis d’efficacité.

Pour finir

Il convient aussi de faire un retour sur soit, sur son propre courant. Les courants anarchistes athées ne sont pas exempts de religiosité, de certaines formes de spiritualisme et de croyances. Nous sommes le produit de notre culture et, même lorsque l’on souhaite les combattre, nous portons en nous des réminiscences des religions de nos ancêtres. Nos façons de réfléchir, d’organiser et de porter nos révoltes (avec l’État et le Capital comme incarnation du « Mal ») sont à analyser au regard de cet héritage religieux. « Grève Générale insurrectionnelle expropriatrice et autogestionnaire », « la Commune n’est pas morte ! », « Vive la Sociale ! », « les mauvais jours finiront ! », ça ne relève pas que du projet politique mais aussi d’une forme d’espérance et de croyance. Ça ne veut pas dire qu’il faille y renoncer. Ça ne veut pas dire que l’anarchisme soit une religion et se contredise. Ça signifie que les religions, au delà d’être un système de croyance et de pouvoir, sont aussi des processus qui façonnent, et que personne n’échappe au phénomène complètement. Donc un peu d’humilité avec la question !

Vierge de Guadalupe représentée en territoire zapatiste avec les attributs du mouvement.

Vierge de Guadalupe représentée en territoire zapatiste avec les attributs du mouvement.

Enfin, pour ce qui est de l’anarchisme occidental, ce travail de questionnement sur notre rapport aux religions doit aussi s’inscrire en parallèle/au sein d’un travail de décolonisation de l’anarchisme, à une période où des mouvements et des réflexions anarchistes ou anti-autoritaires se développent ou se redécouvrent ailleurs (pays arabes, Asie, peuples indigènes en amérique latine), pas toujours sur le fond (et parfois à l’encontre) de l’anarchisme « traditionnel » blanc et occidental. C’est tant mieux et s’est rafraîchissant.

Quelques liens en ce sens :

Le Noir: décoloniser l’anarchisme et défier l’hégémonie blanche

“Decolonization is not a tendency!” 2013 Seattle Anarchist Book Fair Panel

Decolonizing Anarchism

LT

 

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Végé-Risotto au Shiitakés et flocons d’azuki

Une fois n’est pas coutume, on va se lancer san prétention dans une recette un petit peu plus poussée que d’habitude (c’est à dire que ça va être « simple » au lieu de « très simple ») mais qui reste abordable tout en vous permettant d’en mettre plein la vue à vos invité-es qui pensent que manger vegan=manger des graines et de la salade. Un seul truc : il faut du temps, vraiment du temps pour la cuisson (comme tout risotto). C’est aussi l’occasion d’inclure deux aliments venus d’Asie pleins de vertus :

-Le Shiitaké : champignon délicieux qui poussent très bien en Europe (et comme les autres champignons cultivables, restent assez abordables) riche en vitamines B2, B5, PP, D, fer, potassium, sélénium, cuivre… Et serait donc bon contre les cancers, l’hypercholesterolémie, l’anémie, les problèmes nerveux, de circulation (rien que ça).

-L’Azuki, haricot rouge plein de protéines et de fibres, au gout assez sucré. En l’associant avec du riz, on obtient tous les acides aminés essentiels. Dans cette recette, il est utilisé sous forme de flocons déjà pré-cuit, donc on n’a pas à le laisser tremper des heures.

risottoIngrédients (4 personnes) :

***700g de Shiitakés
***250g de riz rond « à risotto »
***4 oignons moyens
***2 gousses d’ail
***3 carottes
***100g de flocons d’Azukis (trouvables facilement en magasin bio ou végé)
***7-8 belles feuilles de basilic
***4 cuillère à soupe de bouillon de légumes diluées dans 250cL d’eau
***1 grosse pincée de romarin
***25cl de crème végétale (ici avoine, mais soja ou épautre marchent bien)
***15cl de vin blanc (allez 20…)
***Huile d’olive, sel, poivre.

Préparation et cuisson (2h) :

risotto2

Après avoir nettoyé et découpé les champignons en assez gros morceaux (ça rétrécit pas mal à la cuisson cf photo, au début ça débordait de la poêle), les faire revenir dans un peu d’huile d’olive à la poêle. Réserver pour plus tard. Dans une marmite antiadhésive, faire revenir dans de l’huile d’olive les carottes et les oignons que l’on aura émincé (très fin) ainsi que le riz jusqu’à ce qu’il devienne translucide (c’est important pour un bon risotto). Ajouter l’ail émincée et les flocons d’azuki.

risotto4Mouiller le tout par petites touches (petites « gorgées ») alternativement de vin blanc et de bouillon. Ajouter le romarin. Il faut  remuer très fréquemment et doucement donc être constament là et sans pouvoir faire grand chose d’autre en même temps. [L’idéal est d’avoir prévu une bonne émission radio à écouter : tu en trouveras ou ]. Je suis tombé sur de nombreuses recettes de risotto qui prétendaient que la cuisson pouvait se faire en 20-30 minutes, honnêtement moi ça prend au moins 1h15-30 voire plus (selon le riz). Donc voilà il faut répéter le processus de remuer-mouiller de vin-remuer-mouiller de bouillon-remuer (souvent il faut refaire du bouillon) et une fois que le riz commence à être moins croquant (au bout d’une heure), on rentre dans la dernière phase de cuisson : on incorpore la crème végétale (toujours en alternant avec les deux autres liquides) puis les champignons et le basilic ciselé.

risotto5 Remuer, remuer encore un peu et une fois que vous en avez bien marre, vous pouvez dresser. Le risotto, en soit, c’est pas super design, donc l’idéal est d’avoir des ramequins individuels pour présenter ça joliment. Là j’en avais pas donc j’ai fait des monticules coiffés de feuilles de basilic entières.

risotto11LT (mais « AMD’approved » !)

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A Saint-Aubin (comme ailleurs) la police de Valls protège les fascistes.

Le 26 octobre dernier, Marine Le Pen et son parti tenaient un meeting à Saint-Aubin du Cormier (Ille-et-Vilaine), commune riche de 3 578 habitants dont une maire, Marie-Thérèse Auneau « sans étiquette mais de sensibilité de Gauche » ¹ , qui a jugé bon de mettre à disposition le centre culturel (géré et financé par la municipalité donc), à la disposition d’une organisation d’extrême droite.

Ce n’est pas un hasard que les fascistes viennent pointer leur nez là où les emplois sont supprimés en masse, là où les luttes reculent toujours trop et toujours trop vite. En Bretagne, où, pourtant, ils n’ont jamais réussit jusque là à s’implanter avec leurs discours haineux et mensongers, toujours disposés à monter les travailleurs-euses les un-es contre les autres au bénéfice des patrons.

A l’appel d’un collectif d’habitants révoltés par cet événement, repris par de nombreuses organisations politiques, syndicales et collectifs antifascistes (Rennes et Nantes), un rassemblement a donc eu lieu au même moment devant la Mairie.

Accueillir un tel événement dans notre ville, dans le pays de Fougères, dans notre région ! Entendre résonner les valeurs du front national ici ! NOUS NE LE SOUHAITONS PAS !Au racisme, à la xénophobie, à l’homophobie, au fascisme NOUS NOUS OPPOSONS !

Ne laissons pas notre ville et nos campagnes être assimilées à ce parti !

D’abord ça commence par plusieurs prises de paroles d’organisations, rappelant entre autre, que contre les ouvriers en lutte (qui bloquaient une raffinerie en 2010 par exemple), le Front National propose d’envoyer l’armée. Voilà comment ce parti propose de lutter « contre le système ». Prises de paroles aussi pour réaffirmer que les idées fascistes n’avaient pas leur place, ni ici, ni ailleurs et représentaient un danger pour les classes populaires.

Ensuite, en dépit d’une interdiction préfectorale de manifester dans les rues (à laquelle certains des plus « citoyennistes » des organisateurs auraient voulu se soumettre), ce sont finallement les 300 manifestants qui partent en cortège à travers Saint-Aubin. Et en bords de prés, autours de l’étang, en tentant d’approcher le centre culturel, stoppé à chaque fois par des CRS bien équipés. Un peu trop peut être (comme d’hab’ quoi). CRS FN ST AUBIN2

A un rond-point, l’un d’eux était à quelques mètres et nous visait la tête. Le temps que je prenne la photo (ci-dessus), il avait un peu baissé son arme, mais Rennes-TV (Web-TV indépendante) a saisi les images (ci-dessous) et  s’est permis de rappeler les principes suivants :

CRS ST AUBIN RENNES TVÀ propos de cette image : La distance entre la foule (l’objectif de la caméra) et le flashball est de 4m.
• À cette distance, cette arme est létale.
• À cette distance, il n’est pas réglementaire de s’en servir.
• Sous cet angle, c’est la tête qui est visée.
• La manif était calme : visages découverts, pas de projectiles, pas d’affrontements.
• Entre le lycéen nantais et l’agriculteur finistérien, si cette image pouvait servir au débat sur l’utilisation du flashball, on s’en porterai mieux.

Donc voilà, le fameux parti « antisystème », protégé par des CRS fou-furieux, assez dégoutés de ne pas avoir pu charger d’ailleurs. Aux slogans antifascistes « Le Fascisme c’est la gangrène on l’élimine ou on en crève », « Pas de quartiers pour les fascistes, pas de fascites dans nos quartiers » se sont ajoutés des slogans visant plus directement les flics « Police partout justice nulle part » et surtout « La Police du PS, protège les fascistes ». Et du coup les slogans anarchistes comme « Je hais la France, ses flics et ses fachos » (qui va bien à l’extrême gauche indépendantiste bretonne aussi), ont été scandés également.

J’ai discuté avec quelques lycéen-es et jeunes salarié-es de St Aubin et des environs (le pays de Fougères quoi) présent-es dans le cortège, cette « jeunesse rurale désoeuvrée et oubliée » dont les médias nous disent qu’ils n’ont pas grand choix à part le chômage et la précarité dans les usines d’agro-alimentaire (qui ferment) et qui seraient des « populations de choix » pour le FN nouvelle génération. Force est de constater que non, à Saint-Aubin et ailleurs, le discours frontiste ne contamine pas encore tout le monde et la jeunesse se mobilise quand les fachos débarquent.

Si la manif n’a jamais pu atteindre le meeting, quelques militants frontistes à la sortie ont approché en voiture, brandissant à travers les vitres leurs tracts et faisant des doigts d’honneurs ornés de belles chevalières (en bons bourgeois). Un 4*4 de facho un peu chahuté portera quelques souvenirs de cette pitoyable tentative de provoc.

-Un compte-rendu de cette journée de l’Action Antifasciste Nantes sur le portail la Horde

-Un article du Collectif Antifasciste Rennais

-Le reportage complet de RennesTV avec les belles scènes de policiers tellement citoyens dans la verte nature bretonne qu’on se croirait presque à Notre-Dame-De-Landes :

Marine Le Pen en Ille-et-Vilaine : 300 manifestants antifascistes pour l’accueillir

Bref, si on en doutait encore, on ne pourra pas compter sur la « gauche PS » pour lutter contre le fascisme puisque :

1) Elle mène une politique antisociale qui fait son lit.

2) Elle lui fournit des salles publiques pour se développer.

3) Sa Police empêche avec ardeur toute contre-manifestation de s’y confronter.

Plus que j’amais, l’antifascisme populaire, de terrain, collectif, est une nécessité.

Enep faskourien !

L.T & AMD

¹ = Ouest France, 25 octobre 2013.

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Grèce : Pavlos Fyssas a été tué par les nazis

Le chanteur de Hip-Hop Pavlos Fyssas est mort ce mercredi 18 septembre lors d’une attaque par des néonazis après avoir été poignardé par un homme « vêtu de noir et de tenue de camouflage ».

La victime est décédée à l’hôpital de Tzanio après avoir été poignardée trois fois dans la poitrine devant un café à Amfiali, dans le quartier Keratsini du Pirée, peu après minuit.
Il était avec sa compagne et deux amis dans le café quand le groupe de nazis est venu les provoquer. Alors qu’ils avaient d’abord réussit à échapper à leurs agresseurs, une voiture leur a bloqué le passage dans la rue. Le conducteur est alors sorti et a poignardé Pavlos trois fois sur le trottoir. Les agresseurs sont ensuite partis à pied.

Avant de mourir, il serait parvenu à identifier son meurtrier et ses complices selon des rapports. La police a arrêté un homme de 55 ans en possession d’un couteau, les investigations se poursuivent.

L’homme de 34 ans est mort dans les premières heures mercredi matin. Ce chanteur de Hip-Hop (nom de scène Killah P.) était engagé dans la scène antifasciste, l’organisation de concerts contre le fascisme et d’autres activités sociales dans son quartier.

Killah P – Α.ΛΗ.Τ.ΗΣ

Durant la nuit, environ 200 antifascistes se sont rassemblés sur la scène du meurtre. Il y eut également des rassemblements antifascistes à Exarchia, au centre d’Athènes et en Thessalonique.

Les Antifascistes vont à nouveau se rassembler ce mercredi à 18h à Keratsisi.

Source : Enet (« Greek Independant Press ») /Traduction : Brasiers et Cerisiers.

Solidarité Internationale avec les camarades grecs ! Que crève le fascisme !

KillahP

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Le problème du Parti de Gauche avec l’extrême droite : la BD !

Voilà, le PG (et le FDG en général) n’apporte toujours pas de clarification et de distance suffisante sur le « cas René Balme » qui est l’exemple même de comment la gauche radicale peut laisser le discours conspirationniste et des théoriciens d’extrême droite rentrer dans ces espaces, et pourquoi elle devrait l’éviter absolument.

Plutôt que de faire un nouvel article chronologique sur la question, on a préféré poser le problème en bande dessinée : Le Front de Gauche a un problème avec l'extrême droite et la sphère confusionniste.

Disponible aussi en PDF : Balme

MàJ novembre 2013 :

Dans un comuniqué des élus Parti de Gauche de Grigny posté sur le site « Grigny2014 » (site de candidature de René Balme http://www.donotlink.com/b3L), on peut constater que le PG local soutient pleinement René Balme, balayant sans ambiguité les déclarations de Corbière, Delapierre, Billard et Mélenchon à ce sujet. Le Parti de Gauche, et par conséquent le Front de Gauche, ont donc un réel problème avec l’extrême droite et ceux  qui en leur sein, assure sa promotion. Qu’importe les déclarations des responsables nationaux, le PG localement est incapable d’être clair sur sa capacité à être étanche au discours d’extrême droite. Et c’est bien triste.

Extraits :

« Face à celles et ceux qui cautionnent les agressions du libéralisme, seul René Balme peut rassembler toutes les synergies nécessaires à la victoire de la vraie Gauche aux élections municipales de 2014.
Pia Boiset, Elue PG de Grigny
Christian Goubert, Elu PG et président du groupe des élus Front de Gauche de Grigny »

 

 

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Medine rend à son tour hommage à l’antisémitisme et la haine de Dieudonné

On va la faire simple :

Vous ne savez toujours pas ce que signifie le geste de « la Quenelle » de Dieudonné ?

Réponses en 3 articles : , ici et encore .

Si vous voyez ce que c’est, vous, savez qu’à travers ce geste, les supporters et amis de Dieudonné affichent un soutien à son discours haineux, antisémite et fasciste.

La page de soutien à l’assassin de Clément Méric, le fasciste Esteban Morillo reprend d’ailleurs ce « symbole ».

quennelle soutien esteban

Il y a quelqu’un qui était bien « borderline » (pour être gentil) sur ce qu’il pensait de Dieudonné, c’était le rappeur Médine. En novembre 2012, il déclarait dans une interview  à Rapelite.com « même si c’est pas très intelligent ce qu’il fait[…]Dieudonné a plus contribué à désamorcer des sujets comme le racisme que l’inverse ».

En juin 2013, peu après l’assasinat de Clément Méric, dans un freestyle, « Booska-Oracle », le rappeur effectue ce « fameux » geste de la quenelle:

medine quenelle

[paroles : « on sait plus où ça commence comme une querelle corse/Mais on sait que ça terminera par une quenelle d’or ]. Le terme « quenelle d’or » fait référence à une récompense remise par la bande de Dieudonné lors de soirées particulièrement glauques. Récompense désormais decernée par l’essayiste fasciste Alain Soral « maître Quenellier » (et lui même titulaire de plusieurs de ces récompenses), qui a été déjà atribuée à Mahmoud Ahmadinejad, Paul-Eric Blanrue, Bachar Al-Assad, le député belge d’extrême droite Laurent Louis et bien d’autres qui trouvent grâce aux yeux de la « Dieudosphère ». Si on pouvait encore vaguement imaginer que Medine avait juste un avis « à lui » sur la question, on voit qu’en fait il adhère à son discours et souhaite même être récompensé pour son soutien explicite par un trophée d’extrême-droite. Le tout quelques jours après la mort d’un antifasciste (alors que Dieudonné préparait dans le même temps une interview de Serge Ayoub, leader du groupe qui a tué Clément).

-On s’interrogera donc sur la façon dont Dieudonné, et après lui Médine « désamorce » la « question du racisme » (en fréquentant des nazis ?).

-On se demendera aussi pourquoi un rappeur cherche tant à rendre hommage à une sphère d’extrême droite, dont la maison d’édition (« Kontre Kulture », tenue par Alain Soral, le « maître quenellier » dont Médine souhaite recevoir une récompense) présente le rap comme « une escroquerie » et une « arme d’asservissement massif » (« L’Effroyable Imposture du rap », de Cardet, édité chez Kontre Kulture).

-On se demendera enfin ce que Pascal Boniface avec qui Medine a co-écrit un livre (« Don’t panik : N’ayez pas peur ! ») il y a moins d’un an, penserait de tout ça. Si Medine précisait dans son interview « Pascal trouve que ce que Dieudonné fait est contre-productif », peut être que le chercheur à l’IRIS ne rigolerait pas de voir son co-auteur réclamer un trophée d’extrême droite.

« I’m muslim don’t panik » ? Ce n’est pas le fait que tu sois musulman qui nous ferait paniquer, Medine, plutôt que tu frayes un chemin puant avec l’extrême droite que tu fasses le même geste que ceux qui soutiennent 3ème voie (tu sais, cette organisation qui était présente à l’apéro islamophobe « saucisson-pinard » à la goutte d’or).

Brasiers et Cerisiers.

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