Nicolas Bedos, petite raclure de bidet raciste

Ce blog n’a jamais eu pour vocation de commenter des émissions du samedi soir, de discuter des opinions de « célébrités », de s’intéresser aux clashs d’artistes ratés en mal de buzz.

Ici, on cause luttes contre les discriminations et dominations, anticapitalisme, environnement, cuisine vegan, bouquins, ou même bricolage. Mais il faut des exceptions et l’autre clown triste sans talent Nicolas Bedos, nous en fournit une belle avec cette « chronique » chez Ruquier le 11 janvier 2014.

On ne va pas la mettre en lien ni la raconter trop en détail.

En gros Nicolas Bedos se présente avec à la fois une barbe « d’islamiste » et une moustache d’Hitler, et se met à raconter sous forme de dialogue sa rencontre avec un « jeune de banlieue » (Hitléro-Islamiste donc) fan de Dieudonné (Oui dans la tête de Bedos, le fan de Dieudonné est forcément musulman et parle avec un accent banlieusard surjoué tout en crachant férocement toute les 3 secondes). Au discours confus gerbé par « le jeune », Bedos oppose son propre personnage, maniant un vocabulaire soutenu un accent snob parisiano-chic. La théorie de Bedos c’est donc : je suis le bon goût et le savoir face au fan de Dieudonné, forcément demeuré, forcément pas-très-de-chez-nous.

S’en suit une série abjecte de blagues et propos racistes, homophobes, sexistes. Il enlève ensuite la barbe « d’islamiste » pour ne conserver ensuite uniquement que la moustache hitlérienne et enchaîner sur une infra-chronique « aux quenelles » où son personnage prend alors la forme d’un véritable nazi de base, avec un antisémitisme toujours plus explicite.

Il conclu en reprochant à Dieudonné d’avoir plus-ou-moins kidnappé l’humour car à cause de lui, les associations de minorités pourraient « fouttre le nez dans NOS vannes ». En gros ce n’est pas tant le racisme de Dieudonné qui gène Bedos (il vient de démontrer que le racisme et les stéréotypes, c’était plutôt son truc), c’est le fait que derrière les « remous » qu’il provoque, pourrait s’ouvrir un débat sur l’humour oppressif en général. Terminé, ses petites sorties racistes, sexistes, homophobes, sous couvert « d’humour ».

Il conclut en opposant à la « quenelle » de Dieudonné une « Merguez dans ton gros cul de Breton inculte ». « Merguez » : bah oui il n’allait pas prendre un plat trop « de souche », le terroir français doit resté intouché. « Dans ton gros cul » : oui il garde aussi ce côté homophobe de la Quenelle qu’il aime bien, associant pénétration anale et humiliation. « De Breton inculte » : parce que quand le parisien ne veut pas faire preuve de racisme trop explicite envers des non-blancs, il va viser le Breton, qui représente à ses yeux l’illettré, le rural, le plouc (ce terme qui désigne d’ailleurs uniquement le paysan breton à l’origine). Le Breton, ce Rom du XIXe siècle.

Racisme, classisme, sexisme, homophobie. Farandoles de clichés sordides censés dresser un rempart contre le Dieudonnisme. On pensait qu’on ne pouvait pas faire pire que Valls contre Dieudonné. Bedos nous montre que si.

Dans cette émission où tout est carton et stupidités, rires entendus et désert politique, on notera qu’Aymeric Caron, souvent brandit par des associations de défense des animaux comme icône « people » se marre quand est évoqué un « PitBull Allemand enragé de s’être fait enculé par un castor Israëlien ». Bah oui cette chronique ne pouvait pas être complète sans un peu de spécisme et un tartufe de la cause animale pour en rire.

Nicolas Bedos défendra sa chronique un peu plus tard sur Europe 1. Selon lui à la différence de Dieudonné il « respecte les femmes » (Pardon ???) et les communautés. Il se défend d’être « un raciste que je n’ai jamais été ». Par contre, non, il n’est pas politiquement correct « On n’est pas un cul-cousu » et sa chronique avait pour but de rire et dédramatiser. « En France une partie de la population fantasme un lobby juif, Dieudonné profite et encourage ça » ajoute-il.

Pourtant.

Pourtant le 8 février 2014, il réapparaît dans une nouvelle chronique « humoristique » chez Ruquier, cette fois déguisé en juif (kippa et peot) entouré de ce qui se veut être un rabbin et deux gardes du corps dont on apprendra ensuite qu’ils sont Israéliens. Pour faire un « équilibre » avec sa chronique précédente ? Il remercie alors l’état israélien de l’avoir « caché », alimentant ainsi l’idée d’un Mossad ultra-présent et généreux avec ses « serviteurs ». Ça lui a permis de visiter « Tel Aviv, Jerusalem, Deauville ». Voilà comme ça il cale aussi ce petit cliché antisémite que les « sionistes » tiennent des parties du territoire français (on n’est pas si loin du « il faut désioniser la France » de Dieudonné). Il demande aussi à « tous les Juifs de France de me lâcher la grappe » (autre cliché antisémite, celui d’une communauté ultra-soudée et auto-centrée, « collante », qui encore une fois récompenserait ceux qui la servirait). Arrive ensuite une sortie sur les « Mamas juives et leurs mamelles bovines » et « 2675 ravissantes Séfarades » qui doivent lui « lâcher le prépuce » puisqu’il est décidé à retrouver son « harem d’actrices ». [C’est lui qui « respecte les femmes c’est ça ? C’est lui qui mettait en garde contre « le fantasme d’une partie de la population française sur les Juifs » c’est ça ? ]. En revenant sur son sketch précédent, il précise « J’imite pas les arabes j’imite un abruti » [qui se trouve par hasard être un Arabe]. « Il y en a aussi des blancs, ils défilent le dimanche à la manif pour tous » [mais n’ont pas la chance d’être caricaturés par Bedos, trop occupé à rire des femmes, des Arabes, des Juifs et des homosexuels]. « Dans ce pays de merde tous les comiques sont obligés de finir leurs chroniques en se justifiant de tout. » lâche-t-il en bouquet final. Voilà, on en revient à la chronique précédente, ce qui emmerde Bedos, ce n’est pas l’antisémitisme de Dieudonné, c’est qu’on pourrait l’emmerder lui avec son propre humour oppressif.

Nicolas Bedos n’en a rien a faire de la haine des propos de Dieudonné. C’est pourquoi plutôt que de lui reprocher concrètement des mots et des activités aux services de l’extrême droite, il va (quoi qu’il en dise) essayer d’être son symétrique. Répondre à l’antisémitisme par du racisme et du sexisme, tout un programme.

Alors on ne va pas encore mettre un signe égal devant Dieudonné et Bedos, puisque, contrairement à Dieudonné, Bedos ne mène pas d’activité politique hors de son travail d’humoriste. Il n’a pas de mouvement, de maison d’édition, de chaine youtube au service de son racisme ni de film financé par une dictature. Il ne prête pas son théâtre à des nazis. Mais il devrait se rendre compte que faire de l’humour, ça a toujours été politique, d’autant plus quand il s’attaque à des minorités.

Bedos peut, tout comme Dieudonné, brandir le spectre de la censure et d’un contrôle oppressif de son activité « d’artiste ». Il n’empêche, aujourd’hui c’est lui qui oppresse, c’est lui qui est dans une position de dominant et renforce les dominations du « système ». Toujours au nom du « il faut franchir les limites », Bedos, comme Dieudonné, va tenir des propos visant des gens qui en prennent plein la gueule.

 On me signale que Nicolas Canteloup a aussi récemment de son côté pondu une belle crotte se voulant « drôle » sur le génocide au Rwanda. Comme pour Bedos, rien d’étonnant, mais tout aussi affligeant et puant. Ils ne font qu’alimenter le moulin à haine et mettre en évidence que l’humour raciste passe mieux quand c’est un homme-blanc-cis-hétéro qui le met en scène. Belle pierre ajoutée à la pyramide des dominations les gars.

Hé les « cômikeuh », vous voulez vraiment être subversifs ? Attaquer la « bien-pensance » de l’état ambiant ? Pourquoi ne pas viser ce que vous êtes, ce que vous posséder ? L’hétéro-patriarcat blanc ? Les normes sociales (validistes, âgistes, classistes…) ? La propriété privée ? Quoi…J’ai dit un gros mot ?

 L.T

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2 réponses à Nicolas Bedos, petite raclure de bidet raciste

  1. Zombi dit :

    Donc vous approuvez les poursuites judiciaires à l’encontre de Dieudonné & Bedos ? Non, parce qu’au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, elles émanent d’un pouvoir judiciaire républicain essentiellement axé sur la défense de la propriété. Ni les rafles de Juifs, ni celles d’Arabes, n’ont été le fait d’humoristes dépassant les bornes du bon goût, mais toujours celles de l’Etat républicain, ses policiers mandatés par ses magistrats.

    • brasiers et cerisiers dit :

      Il n’y a pas à approuver ou ne pas approuver les poursuites judiciaires contre eux. Ca n’est pas parce qu’on emmerde la république et la justice bourgeoise qu’on va défendre tous-tes celleux qui sont attaquée-s par cette même justice bourgeoise. Si par hasard, la justice bourgeoise condamne un connard de patron, un proprio malveillant ou un politicard pris la main dans le sac on ne va pas les défendre, on ne va pas dire « ah mais comme c’est la justice de la république bourgeoise de merde, on va soutenir ces types ». Pareil pour Dieudonné et Bedos. Qu’ils se demmerdent avec la justice. Ils ne sont ni de notre Classe ni de notre camp, on les combat point.

      Dieudonné n’a peut être pas raflé de Juifs ou d’Arabes, mais il se fait financer et travaille avec des groupes et régimes autoritaires et colonialistes, qu’il s’agisse de franchouillards ou autres

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