Poser son lundi 24 avril

Le 24 avril 2017, c’est le lendemain du 23 avril 2017 (le premier tour de l’élection présidentielle). Que l’on décide de voter ou pas (dans tous les cas, rappelez-vous que le résultat ne sera pas de votre responsabilité), le 24 avril risque d’être un jour particulièrement pénible. Surtout au boulot. Voici donc plein de raisons de poser dès maintenant cette journée (en plus comme ça le chef fera moins le lien avec la veille). Tout le monde ne peut pas poser ses congés à sa convenance, ça peut donc être aussi le moment d’anticiper une absence à organiser (maladie, pseudo-dégats des eaux à régler en urgence… Internet regorge de ressources à ce sujet)

1) Vous pouvez vous lever plus tard (joie) et esquiver les commentaires des matinales d’infos sur ce qui aurait du être dit/fait par telle ou tel. S’il y a bien un truc plus chiant que les élections, c’est le débriefing des élections par messieurs les experts.

1 bis) Vous pouvez esquiver le même type de débriefing mais encore plus pénible : celui avec vos collègues. Les collègues qui ne parlent souvent de politique qu’à proximité d’un scrutin. Qui ont envie de recréer un éphémère studio d’RMC à la machine à café. Qui finissent par lâcher que bon « en même temps quand on voit la France… ». Là vous les laisser faire ça entre eux. Le mardi avec un peu de chance ça sera déjà un peu retombé. Avec un peu de chance, ils oublieront même de vous demander si vous avez (bien) voté et vous pourrez de toutes façons esquiver de répondre en racontant les choses palpitantes que vous aurez faites ce lundi.

2) S’il y a eu un rassemblement spontané près de chez vous le 23 au soir et que c’est parti en vrille et que vous avez fini blessé-e/choqué-e/contrôlé-e/en garde à vue, vous n’aurez pas à expliquer votre état (physique et/ou moral) dès le lundi matin à vos collègues. Vous avez une journée pour inventer un prétexte à cet état si vous n’avez pas envie de leur en détailler les raisons.

3) S’il y a un nouvel appel à se rassembler ce lundi parce que le 2ᵉ tour craindra un max et que les organisations syndicales et de lutte ne voudront même pas attendre le 2ᵉ tour pour entamer le fameux « 3ᵉ tour social », ou dénoncer l’extrême droite, vous serez prêt-es et dispo. Si ce rassemblement est prévu plus tard dans la semaine vous pourrez participer à tracter/coller pour mobiliser ce lundi.

4) Si vous ne votez pas, vous pouvez donc envisager un petit week-end chez des amis loin de chez vous qui se prolonge jusqu’au mardi. Voir la République se dissoudre dans son propre vomi, c’est toujours plus agréable à (très longue) distance et au grand air.

5) Si vous avez (pour la plupart) votre lundi de Pâques férié (le lundi 17, soit la semaine précédente) ça fait deux semaines de 4 jours à la suite. C’est cool : un bon échauffement pour les deux premières semaines de mai qui suivent ! De quoi se donner envie de militer définitivement pour la semaine de 4 jours, les 32h, en attendant l’abolition complète du Travail.

6) Le dimanche soir c’est toujours déprimant (quand on est salarié). Encore plus lorsque c’est les élections. Là, le dimanche soir ça pourra être bière/film débile/marathon de série/lecture rafraîchissante, jeux de plateau ou je ne sais pas quoi jusqu’à pas d’heure. Attention ne s’applique pas en cas de rassemblement plus ou moins spontané et vénèr dès ce dimanche soir. Attention peut être aussi à ne pas organiser une soirée bruyamment festive qui pourrait se confondre avec la célébration des résultats de ce premier tour.

7) Le discours pleurnichant de Jean-Luc Mélenchon en mode « ouin on a perdu, mais où va ma belle patrie ? » (remake probable de sa défaite aux législatives de 2012) c’est NON.

8) Ce n’est pas le lundi matin que vous détestez, c’est le capitalisme. Si, si, essayez de ne pas bosser ce lundi matin, vous verrez que c’est un moment très agréable. Que ça soit au lit ou pas.

9) Un vrai bon petit déjeuner. Celui avec pleins de trucs qu’on ne prend jamais le temps de se préparer.

10) Essayez de prendre un moment à partager avec celles et ceux que vous avez du mal à voir. Celles et ceux qui justement « n’ont pas à prendre leur lundi» pour différentes raisons : chômage, travail/horaires en décalé, « indépendants » (contrains) avec obligation de bosser le soir et le week-end. Celles et ceux qui, donc, au sein de votre entourage, se retrouvent un parfois exclu-es et isolé-es des rencontres puisque leur agenda diffère de celui du salariat « classique ».

A Lundi !

À propos de brasiers et cerisiers

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